PNRB    
PNRB / Présentation / Enjeux et objectifs

Présentation

imprimer
Imprimer

Enjeux et objectifs

 

     
    La loi de programme fixant les orientations de la politique énergétique du 23 juillet 2005 se donne en particulier pour objectifs de contribuer à l’indépendance énergétique et à la lutte contre l’aggravation de l’effet de serre, notamment par le recours aux énergies renouvelables issues de la biomasse grâce au développement de la recherche. L'essor des bioénergies, notamment des biocarburants et du vecteur hydrogène, s'inscrit au premier plan de notre stratégie de développement durable : la protection de l'environnement, les débouchés pour l'agriculture et la forêt (et les emplois et la richesse qui y sont associés), ainsi que la promotion des énergies renouvelables.
     
    Le secteur des transports est le plus gros émetteur de gaz à effet de serre (26 % des émissions nationales en 2004) et dépend à plus de 98 % des carburants d'origine fossile. Le secteur de l’industrie vient en second.
     
    Suite aux conclusions du rapport du groupe de travail sur les Nouvelles Technologies de l'Energie (NTE), présidé par M. T. Chambolle (2003), reprises dans le cadre du comité présidé par M. J.J. Gagnepain (2004), il a été mis en évidence la nécessité de mettre en place un programme de recherche et développement sur les Bioénergies, notamment en ce qui concerne leur utilisation dans le secteur des transports.
     
    En France, la biomasse est principalement utilisée pour la production d’énergie thermique notamment dans les secteurs résidentiels et tertiaires (environ 15 %), et ensuite pour la production d’électricité (environ 0,8 %) et de carburants (environ 1 %).
     
    Le potentiel supplémentaire de biomasse végétale mobilisable pour la production de bioénergies (biocarburants, chaleur, électricité, hydrogène) et aussi de bioproduits industriels ("chimie verte") est estimé à plus de 30 millions de tep(*), dont 80 % environ sont constitués par la partie lignocellulosique de la plante. Une première génération de biocarburants a été développée ces dernières années et est en cours de déploiement dans le cadre du plan « Biocarburants » avec un objectif d’incorporation de 5,75 % en 2008 et de 7 % en 2010. Les biocarburants actuels, pour l’essentiel le bioéthanol (obtenu en France à partir de betteraves et de blé) et le biogazole (ester d’huiles végétales) mélangés respectivement à l’essence et au gazole, sont issus des organes de réserve de la plante. Or les surfaces agricoles utilisables pour les biocarburants sont limitées compte-tenu des usages concurrents (alimentation, etc…). Pour aller au-delà des objectifs d’incorporation ci-dessus il sera nécessaire de transformer la plante entière, donc sa partie lignocellulosique, ce qui permettra d’augmenter le rendement à l’hectare et aussi de mobiliser des ressources forestières. Or on ne dispose pas à l'heure actuelle de technologies pour la conversion industrielle de la biomasse lignocellulosique en carburant (biocarburants de seconde génération).
     
    Par ailleurs, il existe un potentiel considérable, et quasi inexploité, de production de bioénergies par l'action de micro-organismes conduisant à de l'hydrogène, du méthane, des lipides, etc…
     
    L’objectif à long terme est de valoriser l’ensemble de la biomasse dans une approche intégrée de type « bioraffinerie », avec une finalité énergétique et dans une optique de développement durable en s’appuyant sur l’ensemble des procédés de transformation physiques, chimiques et biotechnologiques.
     
    Le Programme National de Recherche sur les Bioénergies (PNRB) répond à ce besoin. Lancé en 2005 sur la base des travaux de groupes de réflexions animés par l’ADEME, ce programme est financé par l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) et mis en œuvre par l’ADEME.
     
    (*) tep = tonne équivalent pétrole (Source: Prospective ADEME 2004). Ceci correspond à environ 15 % de la consommation d’énergie primaire de la France.